Hors piste

La dimension hors-piste de la motoneige n’est pas nouvelle. En effet, on peut même dire qu’il s’agit de celle qui est la plus fidèle aux origines de l’activité. Si la motoneige au Québec est aujourd'hui associée de très près à notre réseau de sentiers hors pair, la circulation hors piste devance de plusieurs années l’établissement des premiers sentiers entretenus. La récente popularité de la pratique du hors-piste est le résultat des immenses avancées technologiques dans le segment des motoneiges conçues à cette fin.

D’utilitaire à sentier

Dans la première moitié du 20e siècle, les pionniers de la motoneige cherchaient le moyen de circuler facilement en hiver. Avant le déneigement répandu de nos réseaux routiers, la mobilité en période hivernale était des plus compliquées. L’arrivée des premières motoneiges a su répondre à ce besoin et, sans grande surprise, la popularité de l’activité grimpa en flèche à une époque où notre société était beaucoup plus rurale qu’aujourd’hui. Les paysages ont aussitôt été recouverts de pistes de motoneige, les nouveaux adeptes profitant pleinement de la nouvelle mobilité que leur fournissaient leurs bolides.

L’évolution de la motoneige au Québec a pris une tangente avec le début du développement d’un réseau formel de sentiers. Alors que certains motoneigistes sont restés fidèles aux racines utilitaires de l’activité, plusieurs ont choisi de suivre la démarche vers les randonnées en sentiers, particulièrement avec la création des clubs et des rassemblements créés autour de l’activité. Cette évolution perdure au fil des années, résultant en la création d’une importante industrie recréotouristique ayant des retombées économique annuelles qui se chiffrent au-delà de 2 milliards $.

La renaissance du hors-piste

Les nombreuses avancées technologiques, notamment depuis les années 1990, ont créé une fondation pour une autre révolution dans l’industrie, soit le retour de l’activité hors piste. L’introduction de la Summit 583 1994 par Ski-Doo, la première motoneige de série conçue spécifiquement pour les montagnes et la neige profonde, fut rapidement suivie par une série de nouveaux modèles issus de la part des quatre grands fabricants, chacun haussant la barre à son tour et ouvrant des nouvelles possibilités pour la pratique de cette activité.

La prolifération de l’utilisation hors-piste de la motoneige est peu surprenante, non seulement en raison de l’évolution des véhicules, mais aussi pour des raisons sociodémographiques. En effet, l’urbanisation toujours croissante de notre société, ainsi que l’encadrement règlementaire de plus en plus serré de nos loisirs et nos vies, a mené à une expansion des activités dites « d’aventure », comme le témoigne la croissance du segments des motos double usages et des automobiles VUS, par exemple. Les motoneigistes n’ont pas résisté à la tendance et l’activité hors piste au Québec est en plein essor, avec les ventes de motoneiges hybrides et de montagnes occupant une place de plus en plus importante dans le marché. Chaque hiver, des milliers d’adeptes québécois découvrent cette activité, motivés par la liberté et les sensations fortes qu’elle procure.

Un monde unique

Les statistiques d’accidents au fil des années démontrent clairement que les sentiers sont l’endroit le plus sécuritaire à pratiquer la motoneige. La raison principale est que les sentiers de motoneige reçoivent une attention particulière et continuelle de la part de milliers de bénévoles, assurant un milieu sécuritaire. Cela étant dit, peu de gens contesteront le fait que la pratique de la motoneige en milieu hors piste puisse offrir une expérience qui est à la fois unique, palpitante et libératrice. Alors que la conduite en sentiers et en hors piste se font tous deux sur des motoneiges, voilà essentiellement où les similarités s’arrêtent. En effet, il s’agit vraiment de deux milieux très différents et exigeants des techniques de conduites distinctes.

Dans un contexte hors piste, les dangers (y compris la glace, les roches, les souches,…) sont cachés sous le tapis blanc, étant découverts à des moments inopportuns et souvent de façon plutôt dramatique. Aussi, malgré le fait que les vitesses sont généralement basses, certaines des manœuvres que l’on peut considérer « normales » dans de telles sorties peuvent devenir dangereuses. C’est d’ailleurs pourquoi il est fortement recommandé que les motoneigistes néophytes ou simplement pas habitués au milieu hors piste suivent une formation, celle-ci permettant de maximiser son agrément et d’augmenter la sécurité des sorties.

Impact sur le milieu

Un autre point important à considérer est l’impact sur le milieu. Alors que la motoneige en sentier se fait sur une superficie très restreinte (mais de façon plus intensive), l’inverse est vrai pour les randonnées hors-piste. Comme on pourrait s’y attendre, cette dernière n’est pas sans impact sur le milieu. Parmi les impacts possibles, nous retrouvons :

  • L’atteinte aux autres usagers : dommages aux installations des trappeurs et des villégiateurs, aux sentiers de raquette et de ski de fond, etc.
  • Les dommages causés à la végétation : coupe de la tête des jeunes arbres, compaction de la neige qui nuit à la survie de la végétation.
  • Le dérangement de la faune : fuite et épuisement des animaux (caribou, orignal et chevreuil) pouvant conduire à leur mort; déplacement vers des habitats moins favorables; plus grande vulnérabilité aux prédateurs qui circulent dans les traces de motoneige.

Pour aider à réduire ces impacts négatifs, on recommande d’adopter les comportements suivants:

  • Éviter de circuler en motoneige dans les zones où vous risquez d’endommager les arbres ou de nuire à la régénération forestière, surtout lorsque qu’il y a peu de neige.
  • Si vous avez la chance de rencontrer des animaux sauvages, ralentissez ou arrêtez complètement le moteur pour ne pas les effrayer.
  • Ralentissez lorsque vous rencontrez d’autres usagers du territoire.

De plus, plusieurs comportements sont strictement INTERDITS et passibles d’amendes, et donc à éviter :

  • Poursuivre ou harceler les animaux sauvages en motoneige.
  • Endommager les arbres ou nuire à la régénération forestière.

Pour en connaître davantage sur les bonnes pratiques à motoneige, consultez les dépliants suivants:

Où rouler

Un des plus grands défis liés à la pratique de la motoneige en milieu hors piste est celui du choix d’endroit où circuler. Dans un premier temps, l’aspect sécurité exige que l’on évite les endroits qui puissent s’avérer dangereux, comme les cours d’eau ou les aires où des obstacles peuvent être cachés sous la neige. Il faut aussi tenir compte de l’aspect légal, soit savoir si nous avons le droit de circuler dans un endroit. La Loi sur les véhicules hors route prévoit des pénalités sévères pour les motoneigistes circulant sans autorisation alors il incombe aux motoneigistes de s’assurer d’avoir le droit de circuler et d’obtenir les permissions nécessaires avant de s’aventurer en terrain inconnu. Il faut aussi être conscient que la circulation à motoneige est interdite en tout temps dans certains secteurs (ex. : parcs nationaux et réserves écologiques). La circulation non autorisée peut aussi causer des ennuis aux clubs de motoneigistes, notamment par le retrait de droits de passages et, par conséquent, à l’activité elle-même.

La FCMQ et le hors-piste

Répondre à un besoin

L’aspect hors piste de l’activité motoneige prend de plus en plus d’ampleur au Québec à la fin de la première décennie du nouveau millénaire. Motivées par le besoin d’augmenter la sécurité de l’activité, de minimiser l’impact négatif chez les propriétaires fonciers qui cèdent des droits de passage et de faire croître le nombre de membres, les instances de la FCMQ prennent la décision de s’impliquer dans le dossier. Via ses clubs, la FCMQ offrira aux usagers des parcs hors sentier qui seront situés exclusivement dans des zones où cette activité est autorisée.

Projet pilote

Les démarches débutent avec le lancement d’un projet pilote dans la région de la Gaspésie. Ayant pour but d’encadrer et encourager la pratique durable de l’activité, la FCMQ se joint à plusieurs intervenants de la région pour évaluer les problématiques et soulever des solutions par rapport au développement de la motoneige hors-piste dans les Chic-Chocs. La FCMQ, par sa participation, souhaite développer une forme d’encadrement qui sera exportable aux autres régions du Québec. C’est en novembre 2013 que le projet est lancé.

L’approche retenue par la FCMQ durant la première phase du projet est de mettre l’emphase sur l’éducation et la sensibilisation. Pour y arriver, un dépliant est produit , celui-ci différenciant les endroits où la circulation est permise et interdite. De plus, on énonce les grandes lignes du code de conduite à respecter. L’autre axe, soit celle de la signalisation, passe par la conception et la pose de signalisation, ceci dans le but d’informer les motoneigistes sur le terrain. Le bilan de fin de saison est excellent, avec très peu de délinquance rapportée. Plus important encore, les propriétaires fonciers et les municipalités sont satisfaits des résultats et encouragés à poursuivre la démarche.

S’appuyant sur le succès du projet Gaspésien, la région de Québec devient la deuxième région ciblée en raison de ses nombreux dossiers chauds et de son emplacement stratégique au sein du réseau de sentiers québécois. Travaillant de concert avec de nombreux organismes gouvernementaux, la FCMQ élabore une carte (cliquer)qui permet de voir les sentiers fédérés qui traversent les zones où il est possible de pratiquer le hors sentier (et, plus important encore, où cela est interdit de le faire). Celle-ci aide aussi à sensibiliser les utilisateurs aux problématiques de la faune (caribou forestier principalement).

Le futur

Les informations recueillies suite aux projets pilotes permettent d’établir des lignes directrices pour le développement du hors-piste ailleurs au Québec. La FCMQ fournira aux clubs des cartes des territoires avec les tenures et affectations (privés / publiques : parcs, réserves, ZEC, pourvoiries, etc… ). À même ces cartes, en raison des relevés GPS des territoires couverts par les différents clubs de la province, ces derniers pourront déterminer facilement les emplacements possibles pour la création de Parcs « hors sentier ».
De plus, des recommandations sont émises aux clubs qui désirent implantés de tels parcs sur leur territoire. On parle, entre autres, d’avoir des stationnements incitatifs à proximité des sentiers fédérés et ou parcs linéaires, d’avoir une signalisation appropriée et d’avoir des services, si possible, à proximité.

Il est important de préciser que, bien que le mandat de la FCMQ soit de fournir les outils nécessaires aux clubs, le choix ultime régissant la création des parcs à neige reposera avec les clubs. Puisqu’il s’agit de projets d’envergure, la FCMQ prévoit entreprendre une consultation auprès des clubs, permettant à ces derniers d’élaborer les plans nécessaires, le cas échéant.

À long terme, il sera possible d’accroître le nombre de membres en offrant un droit d’accès spécifique, pour avoir accès via les sentiers fédérés, à ces nouveaux parcs qui seront développés.